DJ Natashka et Radio Ohlala PDF Imprimer Envoyer
Écrit par CrazyMarie   
Vendredi, 08 Octobre 2010 17:13

 

DJ Natashka organise depuis plus de 3 ans des soirées à Amsterdam sur le thème de la chanson française. Elle joue aussi à travers le pays, ainsi qu’en Belgique, Allemagne et France. Elle joue également lors des soirées Afrodélique (Afrobeat) et Eurodisco (disco) à Amsterdam, comme au Club 8. Elle sera également DJ à la soirée Beaujolais Nouveau du Forum des Hollandais.

Natasha, de son vrai prénom, issue du Québec, représente à juste titre la langue de Molière aux Pays-Bas grâce à ses platines. 

 

Depuis combien de temps habites-tu aux Pays-Bas ? Que penses-tu de la vie locale ?

Je vis aux Pays-Bas depuis plus de 11 ans. J'ai habité dans plusieurs villes : Delft, Nijmegen, Rotterdam, et maintenant depuis au moins cinq ans, j'habite Amsterdam dans le quartier Bos en Lommer. Ça
m'a prit des années pour trouver un logement !

J'ai pris mon temps pour découvrir Amsterdam et maintenant que je m'y connais, je m’y sens assez bien. Par contre, je m'ennuie beaucoup d'une certaine chaleur humaine dans les contacts que je connaissais à
Montréal. Amsterdam est bien, oui, mais trop mercantile, trop cher et pas toujours très convivial.

Amsterdam est un oignon : il faut enlever les pelures et hop, on découvre des trucs et des gens bien. Mais il faut chercher longtemps. J'imagine que c'est encore pire quand on ne parle pas le néerlandais.


 
Raconte-nous un peu ton parcours avant les Pays-Bas.

J'ai décidé de quitté le Québec pour les Pays-Bas en 1999, après avoir fini mes études universitaires. J'avais vraiment besoin d'un nouveau défi. J'ai toujours eu un faible pour l'Europe et j'en rêvais depuis longtemps.
L'état du travail précaire au Québec (on n’a pas de contrat de travail et on peut nous mettre à la porte très facilement) m'a poussé à aller voir plus loin. Il y avait un programme d'échange entre le Canada et
les Pays-Bas, alors c'est comme ça que j'ai eu le droit de m'installer et de travailler aux Pays-Bas pour un an. Évidemment, j'ai tout fait pour rester plus longtemps ! Je dois dire que c'était très difficile les premiers 4-5 ans et que bien des gens ont été carrément dégueulasses avec moi. Par contre, je me suis fait des amis néerlandais à vie, faut le dire.


 
 Quand as-tu commencé à jouer ?

Il y a trois ans, j'ai commencé à délaisser un peu la traduction en tant qu'indépendante et j'ai commencé à organiser des soirées et à trouver du boulot comme DJ de musique francophone, ce qui était du
jamais vu ici. Je suis passée du « ce que je sais faire » à « ce que je veux faire ». C'est encore précaire, mais j'aime beaucoup ça.

J'ai toujours fait de la musique, allant de jouer de la guitare jusqu'à étudier l'enregistrement sonore. Depuis cette année, je fais des soirées Afrodélique (le « Afrobeat », musique d'Afrique de l'Ouest, etc.) et des soirées Eurodisco (disco européen, Italo, etc.) qui me forcent à découvrir des trucs que je ne connaissais pas.

 

Comment as-tu construit ton réseau aux Pays-Bas ?

La clé, c'est de parler le néerlandais et de connaître un peu la culture. Après trois ans, un expatrié ou un immigrant doit pouvoir se débrouiller. Le plus gros défaut, c'est de baragouiner en anglais et se demander pourquoi les Néerlandais ne réagissent pas comme on l'aimerait. Parlez la langue, vous allez voir que les choses avancent beaucoup plus vite ! Il fait s'intéresser sincèrement aux Néerlandais, pas juste quand on veut quelque chose, ce qui est trop souvent le cas. Il faut les séduire!
 
Je suis friande des réseaux sociaux. Depuis des années, je me suis faite beaucoup de contacts en tout genre de cette façon. J'essaye de donner plus que ce que je ne reçois et les néerlandais aiment que l'on donne du respect avant qu'ils en donnent, ce qui n'est pas évident. Il faut se
rappeler que l’on vit dans leur pays et il faut jouer leur jeu.


 
Quels sont tes bars/clubs préférés à Amsterdam ?

De Nieuwe Anita où j'ai passé d'excellentes soirées et le Noorderlicht Café, excellentes soirées là-bas aussi
Pour prendre une bonne bière, je conseille In de Wilderman et Gollem ; pour se rencontrer entre amis : Café Kobalt, Café De Elan, Soundgarden, Louter.


 
Tu joues des chansons françaises. Quelles sont tes influences ? Pourquoi portes-tu tant d’importance à jouer des morceaux français ? Te considères-tu comme un vecteur de promotion de la langue ?

Oui, je me considère de plus en plus comme un point de référence ici. Mes complices sont tous néerlandais et ne parlent pas tous français ! On se comprend par la musique.

J'aime la musique francophone, pas juste française, des années 50 et 60 au hiphop, funk, disco, jazz et tout ce qui est entraînant. J'aide régulièrement les Néerlandais à chanter en français et je suis en train d'écrire des chansons en français pour une chanteuse connue d'Amsterdam.

La musique qui m'inspire ces temps-ci : Serge Gainsbourg, Nino Ferrer, Les Rita Mitsouko, Dany Brillant, Minimatic et Carmen Maria Vega. Et 10,000 autres.

En tant qu'entrepreneur, je voulais trouver un truc que les autres ne faisaient pas et j'ai trouvé. Quand les gens on besoin d'un DJ de musique francophone, ils viennent me voir.


 
Parle-nous de Radio Ohlala.

Au début, Radio Oh La La, c'était une radio Web et des podcasts de musique francophone des années 50 et 60. La radio et les podcasts ont maintenant de la musique d'autres époques, mais avec cette même
ambiance de l'époque. En 2005, la radio fonctionnait sur un vieux Macintosh dans mon bureau et un jour, un an plus tard, j'ai déménagé le tout en Grande-Bretagne, question d'offrir une radio de qualité. Je fais des podcasts en anglais sur la musique française des années qui sont encore très populaires et qui ont attiré l'attention internationale.


 
Quelles sont les nouvelles dates à venir ?

Il faut lire tout ça soit sur mon site ou sur Facebook ; j'ai aussi une « newsletter ». Je joue souvent à Amsterdam et de plus en plus à l'étranger. Je n'ai rien de vraiment régulier et j'aime justement
ne pas avoir de routine. J'ai joué à Paris en juin pour la première fois et c'était super!


Tu as d’autres projets en tête ?

J'aimerais faire plus de soirées des années 50-60, mais je dois surtout consolider Oh La La comme boulot. J'aimerais aussi enfin sortir un CD.


 
Un dernier commentaire à ajouter ?

La meilleure façon de convaincre les Néerlandais que la musique francophone est moderne et dansante, c'est d'arrêter de pousser Jacques Brel et Édith Piaf comme les seuls représentants de la musique francophone. Les Néerlandais ont une impression figée dans le temps de la musique francophone, parce que l’on a arrêté de leur faire écouter la musique française après cette époque, comme si le monde avait cessé de tourner. Il faut leur en mettre plein les oreilles et le plus souvent possible!

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