Focus Vocaal, une chorale en français PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gnew   
Jeudi, 16 Septembre 2010 16:32

Elzemien Brouwer est chef de la chorale Focus Vocaal, depuis sa fondation en 2001. Titia Pel est chanteuse dans la chorale Focus Vocaal, membre depuis 5 ans et professeur de français dans un collège/ lycée à Groningen. Ils se sont produits le jeudi 9 septembre à 18h à l’Université de Groningen (Oude Kijk in’t Jatstraat 26), en plein air, lors de la journée portes-ouvertes/ Open Dag du Centre Culturel Français de Groningen, qui rouvre dans de nouveaux locaux et va proposer lui aussi des nouveautés. Ils y ont chanté Les Angélus de Claude Debussy et Arc en Ciel d’André Ducret.


Pouvez-vous décrire votre chorale ? Quelle est l'histoire de votre groupe ?

Notre chorale est uniquement composée de femmes. Nous sommes 16, quatre par groupe vocal : quatre sopranos, quatre deuxièmes sopranos, quatre altos et quatre deuxièmes altos.

Le nom Focus Vocaal utilise le terme Focus car cela indique que la musique est notre principal point d’attention ; mais nous cherchons également à nouer des liens avec d’autres disciplines culturelles. En effet, nous travaillons sur environ deux projets chaque année, chacun étant original et portant sur un thème particulier. Cette année, le thème sera la langue française mais par exemple, pour notre premier projet il y a presque 10 ans, nous avons proposé une série de six titres du compositeur hongrois KOCSAR. Notre chorale a alors cherché six artistes peintres qui se sont inspirés de chaque morceau pour réaliser un tableau. Chacune de ces peintures a ensuite été vendue aux enchères et les bénéfices ont été partagés entre les artistes et notre ensemble. Car il faut savoir que Focus Vocaal est une chorale composée de bénévoles, à l’exception du chef (ndla : Elzemien BROUWER). Celle-ci est d’ailleurs une professionnelle de la musique car elle est également professeur de chant, notamment dans une école de danse, sans oublier qu’elle dirige une autre chorale sur Groningen, ‘’Femmes Majeures’’.


Comment avez-vous débuté ?

EB : Nous avons commencé avec une amie car nous avions la volonté de lancer un projet qui impliquerait nos élèves, mais pas seulement.


Quels obstacles rencontrez-vous ?

Il y a évidemment des obstacles à surmonter, notamment parce que avec 16 personnes, chaque projet suppose beaucoup de travail, surtout que l’on part d’une feuille blanche à chaque fois. C’est parfois compliqué, mais c’est à nous de découvrir des routes nouvelles et d’y associer d’autres disciplines. Par exemple en 2009, nous avons travaillé sur le thème de l’astronomie.

Ainsi, rien ne se répète chaque année, il y a toujours des nouveautés et nous nous produisons dans des lieux différents à chaque représentation. Cela implique de trouver notre public et de bien gérer notre budget, notamment si nous souhaitons inviter des solistes. Mais étant donné que toutes les membres de la chorale participent à la construction des projets, cela permet de répartir les tâches et l’organisation, par exemple qui doit préparer les gâteaux à partager avec le public.

 

Quel niveau de chant ont vos membres ?

En ce qui concerne le niveau des membres de Focus Vocaal, il n’y a pas de débutantes mais des chanteuses avancées et donc avec un bon niveau (rires). La plupart prennent d’ailleurs des cours de chant et il faut aussi passer une sélection pour rentrer dans notre ensemble. En effet, nous demandons une réelle implication et donc beaucoup de travail car notre musique se veut exigeante. Nous répétons ainsi 6 heures par mois, sans compter le travail personnel à la maison.



Pourquoi avoir choisi un répertoire en français pour votre nouveau projet ?

EB : Notre nouveau projet repose effectivement sur un répertoire en français. Nous chanterons notamment le Requiem de Fauré, dans une version uniquement pour des femmes. Morceau classique et bien connu, le Requiem prend une position un peu à part dans notre répertoire, qui, en général, se veut plutôt nouveau et inconnu, mais nous l’avons choisi pour donner au public aussi bien qu’aux chanteuses l’occasion de plaire directement, de pouvoir reconnaître quelque chose qui est tellement beau. Pour le Requiem, j’ai voulu inviter comme soliste baryton mon ancien collègue Jeroen Bredewold, qui est allé habiter à Rouen, avec Emmanuel Dufay, musicien lui aussi. Ainsi l’idée est venue de demander à Emmanuel aussi de jouer un rôle dans notre programme, et voilà  le début d’un programme entièrement français.

TP : Puis, nous avons également ajouté d’autres morceaux de compositeurs français.

 

Quelles sont vos influences ?

EB : on cherche à produire de la musique moderne, qui est pour moi une grande source d’inspiration. J’adore chercher des choses nouvelles, attractives, surprenantes et qui puissent bien évidemment convenir à notre chorale. Souvent l’inspiration peut provenir d’un seul morceau, comme pour le Requiem de Fauré, et on cherche des thèmes et/ou des langues qui puissent convenir pour avoir de la cohérence. On a par exemple chanté en polonais et donc pris des cours de cette langue pour la prononciation.

  

Jouez-vous d’un instrument ?

EB : J’ai commencé le piano à 6 ans et je prends depuis peu des cours de violoncelle.

TP : Pour ma part, j’ai joué de la flûte mais je n’en joue plus aujourd’hui.

  

Comment vous êtes-vous rendu compte que vous aviez une belle voix ?

EB : Dès toute petite, j’ai voulu chanter et je n’ai jamais arrêté ensuite. En même temps, si personne ne m’a dit d’arrêter, c’est bon signe (sourire).

TP : Quand j’étais à l’école primaire, nous avions monté une comédie musicale : le Petit Chaperon Rouge. J’étais le chasseur et j’y ai chanté en tant que soliste (rires). J’ai ensuite continué dans une chorale pour étudiants à Leiden puis maintenant je chante à Groningen.

 

À quelle autre occasion parlez-vous la langue de Voltaire ?

TP : Je suis professeur de français au Werkmancollege. J’ai aussi des amis francophones et je vais tous les ans au festival du cinéma francophone à Groningen, Ciné Premières (ndla : chaque novembre), sans oublier les films proposés par le Centre Culturel Français les lundis soir.


Le français, langue de la musique ? Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Pour nous, c’est surtout la musique qui nous inspire et nous trouvons que le français est une langue qui s’y prête très bien. Il y a d’ailleurs beaucoup de musique française qui convient bien aux chorales féminines, comme Berlioz ou Debussy.

Nous nous intéressons aussi à la musique classique contemporaine, comme celle de celle de Jean-Pierre Sciau que nous chantons aussi.

 

Selon vous, qu'est-ce qu'une bonne chorale ?

Une bonne chorale ? Mais nous sommes une bonne chorale (rires) ! Focus Vocaal repose sur des membres très enthousiastes qui s’avèrent également être de très bonnes chanteuses. C’est un groupe qui coopère très bien, il y a de la solidarité entre nous, nous faisons tout ensemble. À cela il faut savoir ajouter de la flexibilité car dans notre cas il y a en permanence des choses nouvelles à intégrer. Nous aimons également rester ouvert vers l’inconnu. Autant de qualités indispensables à une entente, qui permettent d’avoir une bonne chorale et qui sont également tout autant de valeurs qui nous tiennent à cœur.

  

Que diriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pas ?

Venez nous voir mais surtout nous écouter ! Nous chantons la plupart du temps de la musique très peu connue, même si nous allons chanter le Requiem de Fauré lors de notre prochain concert le 10 octobre à Roderwolde ( 15 :00 h.), et le 17 octobre à Groningen, Lutherse Kerk ( 15 :00 h.)

Lors de nos grands concerts d’Octobre, nous chanterons, à part les morceaux de Debussy et de Ducret, le Requiem de Fauré, et Te Lucis de J-P.Sciau. Après la pause, le concert se poursuivra par un programme plus léger : la Chanson à boire de Vieux Temps, d’après la chanson du même nom de Camille Saint-Saëns, sur textes de Boileau, et de Rosa de Jacques Brel. Emmanuel Dufay, chansonnier de Rouen, sera le soliste. S’y ajouteront quelques autres chansons. Le tout sous la direction d’Elzemien Brouwer.

 

Quelles sont les choses que vous appréciez le plus chez les Français ? En France ? À l’opposé, quels reproches faites-vous à la France ? Aux Français ?

Nous dirions que par opposition avec les Hollandais, les Français paraîssent très polis, notamment avec leur utilisation du ‘’vous’’. Et il y a évidemment leur cuisine, leur qualité de vie, et la nature avec ses différents paysages.

Au contraire, nous sommes surprises par le fait que les Français semblent ne parler aucune langue étrangère, ce qui nous paraît assez étonnant. 

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