Peyodelo, groupe de jazz français. PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gnew   
Samedi, 24 Avril 2010 14:03

Peyodelo est un jazz band du Sud-Ouest de la France. Élodie Noutaïs en est la chanteuse et Pierre Cherbero le pianiste. Ils se produiront à Groningen le lundi 17 mai prochain, salle USVA (Munnekeholm 10). 

 

Qui sont-ils ?

Elodie : née le 23 janvier 1984 à Brou-sur-Chantereine (Seine-et-Marne).

Pierre : né le 27 juin 1980 à Sarlat (Dordogne). 

Les deux habitent maintenant à Bordeaux (Gironde). Pierre est musicien professionnel. Élodie est musicienne semi-professionnelle et future professeur d’histoire-géographie. 

 

Pouvez-vous nous décrire Peyodelo ? 

Élodie : Nous nous sommes rencontrés il y a 5 ans lors d’un enregistrement de gospel. À cette occasion, Pierre m’a fait découvrir ce qui était pour moi mes premières partitions de jazz et j’ai eu un véritable déclic pour cette musique. Il m’a alors demandé d’interpréter deux titres: Misty d’Ella Fitzgerald et Solitude de Billie Holiday. Et apparemment ça lui a plu. 

Pierre : En effet, après l’avoir entendu chanter, je lui ai tout de suite demandé de s’associer pour créer un groupe. Quelle voix ! Ainsi Peyodelo est un groupe qui a non seulement une influence afro-américaine de par le style de musique, mais qui puise tout autant son inspiration dans un patrimoine à la fois français et africain, Élodie étant d’origine béninoise. 

Ensemble : Ce métissage musical se retrouve aussi dans notre nom. Nous voulions d’ailleurs un nom qui soit chantant: Pierre se dit Peio en basque, le ‘’d’’ sert de liant et Elo est le début du prénom d’Elodie, d’où Peyodelo.

 

Quelle est l'histoire de votre groupe ? Comment avez-vous débuté ? Quel parcours avez-vous suivi pour y parvenir ?

Pierre : Nous nous sommes donc rencontrés en studio il y a quelques années alors que je vivais sur Bordeaux et Elodie à Paris. Nous avons commencé par nous produire lors de dégustations de vin qui se déroulaient dans des hôtels ou encore des châteaux, grâce à notre concept appelé ‘’Jazz and Wine’’. Ensuite, nous avons participé à des événements de plus en plus importants comme Vinexpo par exemple, le salon international du vin dans le Sud-Ouest. Au début, c’était donc surtout ‘’Poésie, musique et vin’’ (rires). Progressivement, nous avons ressenti le besoin de jouer en dehors de ces soirées thématiques et nous avons cherché de nouvelles scènes où nous produire. C’est ainsi que nous avons élargi notre programmation à des festivals, comme par exemple ‘’Jazz en liberté’’ à Andernos, l’un des plus vieux festivals de jazz en France, devant 5000 personnes ou encore pour ‘’Cours et Jardins’’ à Morsang-sur-Orge à côté de Paris. Nous avons également créé une association, Sibyllin-Musique, chargée de promouvoir et diffuser la musique et la culture. Grâce à cela, nous avons pu voyager à Grenade (Espagne) pour découvrir le flamenco mais aussi nous produire sur place. Depuis le début de l’année, nous avons fait plusieurs concerts dans des petites salles à Paris ou à Bordeaux. Le 22 mai, nous serons à Angoulème (Charente) pour ‘’Musiques Métisses’’ et les 3 et 4 juillet nous participerons aux ‘’24 heures du Swing’’ de Monségur (Gironde). Entretemps, nous aurons effectué une tournée aux Pays-Bas du 13 au 17 mai.

 

Pourquoi avez-vous décidé de faire une tournée aux Pays-Bas ?

Ensemble : Nous avons une amie, Coralie Gigounoux Jacobs, originaire du Sud-Ouest comme nous, et qui vit maintenant aux Pays-Bas. Nous nous sommes retrouvés par hasard et elle nous a parlé de son envie d’organiser un festival destiné à promouvoir la Dordogne, et notamment ses vins et ses spécialités culinaires. Avec notre expérience de ce type de rendez-vous, nous avons accepté, surtout que nous ne connaissons pas encore la Hollande ! Il faut aussi rajouter que les écrits de Blaise Cendrars (note: voyageur, poète et romancier français d’origine suisse) nous ont donné encore plus envie de découvrir par nous-mêmes les Pays-Bas. Nous sommes donc très heureux de nous y rendre le mois prochain. 

 

Le français, langue internationale ? Langue de la musique ? Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Pierre : Et bien, il faut dire que le français est une langue très connue grâce aux poètes, de Rabelais à Rimbaud, en passant par René Char ou Fabrice Melquiot. On peut dire que ces grands génies ont transcendé la langue française comme de grands génies internationaux ont transcendé le piano. En outre, la France est un pays où ont existé, certes moins maintenant, de nombreux dialectes. On en retrouve aujourd’hui la trace dans les nombreux accents qui caractérisent toutes les régions du pays. C'est donc à la fois une langue malléable et artistique. 

Elodie : J’ajoute que c’est une langue avec une vraie musicalité, donc très agréable à chanter et qui facilite les émotions. 

 

Quelles sont vos influences, et plus spécialement vos influences francophones ?

Elodie : Mes trois artistes préférées sont Ella Fitzgerald, Billie Holiday et Nina Simone. J’aime bien aussi Aretha Franklin sur son album ‘’Aretha Sings the Blues’’. Pour ce qui est des chanteurs français, j’ai un faible pour Camille et une petite nouvelle qui s’appelle Zaz, à suivre ! Au niveau du rap et au niveau du slam, ma préférence va à Abd El Malik et à Grand Corps Malade. Je précise cependant que les textes de nos chansons sont surtout écrits par Pierre (rires).

Pierre : Au niveau des chanteurs, je dois citer Jacques Higelin, Tété et j’aime aussi beaucoup les poètes René Char et Boris Vian. Je dois aussi citer le groupe de slam/rap bordelais Fada.

  

Que pensez-vous de la musique française contemporaine ?

Ensemble : Nous devons avouer qu’aujourd’hui nous sommes un peu sceptiques quant au chemin que prend la variété (note : le style musical) que l’on diffuse dans et depuis les pays occidentaux. Nous trouvons qu’il y a un lissage et un formatage des normes qui s’installent de plus en plus : un peu comme s’il y avait une recette prédigérée dans l’usage qui est fait de la langue et de la musique. C’est pourquoi peu de chanteurs contemporains trouvent grâce à nos yeux, sauf ceux que nous avons cités précédemment. Il existe toutefois des styles qui sont plus novateurs et/ou dynamiques, comme par exemple le rap je mettrais plutôt "la musique du monde" ou le slam. Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’en France, on assiste à un regain d’intérêt pour la musique dite traditionnelle avec un retour des bals populaires et des guinguettes dans des villes comme Paris ou Bordeaux, où sont utilisés guitares et accordéons.

Pierre : J’ai également sorti un album avec des rappeurs qui m’avaient demandé de collaborer sur quelques titres (Weedbrothers). Elodie est également régulièrement sollicitée par des rappeurs pour sa voix.

 

Quelle est votre définition d'un bon jazz band ?

Elodie : J’ai envie de dire qu’il n’y a pas de définition (rires) ! Peu importe le nombre de musiciens ou les instruments ! Toutefois, un bon jazz band est certainement un groupe qui désire les rencontres, qui sait créer un bon feeling, une bonne connexion avec son public. Il doit aussi y avoir de l’énergie, qu’elle se transmette de la scène au public. Rencontre, feeling et énergie donc !

Pierre : C’est vrai que nous sommes un duo à la base, mais nous travaillons régulièrement avec un batteur, un saxophoniste ou encore une contrebasse. On reste donc ouvert à ce qu’on peut nous proposer. 

 

Quelles sont les valeurs de votre groupe ?

Pierre : L’argent (éclats de rires) ! Non, je plaisante bien évidemment. Nous cherchons à transmettre de l’énergie et à favoriser les échanges.

Elodie : Pour moi, c’est surtout l’espoir et la tolérance. Lorsque nous faisons des reprises, nous favorisons d’ailleurs les morceaux qui sont en rapport avec ces valeurs. Cela vient probablement du fait que nous nous sommes rencontrés grâce au gospel, musique qui veut faire passer un message d’espoir et d’amour, et ce pas uniquement pour les croyants. Et il ne faut pas oublier aussi le métissage. Ainsi, nous sommes contents quand les gens apprécient ces valeurs au travers de notre musique.

 

Que diriez-vous à quelqu'un qui ne vous connaît pour qu'il vienne vous voir ?

Elodie : Vous passerez un excellent moment musical, avec plein d’énergie. Vous partirez en voyage musical grâce à notre répertoire, en toute simplicité. Venez, vous ne serez pas déçus (rires) ! Nous avons déjà prouvé que nous avons du talent !

Pierre : Je dirais que c’est la rencontre d’un pianiste à la formation classique (note : Pierre a fait le conservatoire pendant 15 ans) qui s’est ensuite tourné vers le jazz et le blues (note : depuis 10 ans) et d’une magnifique voix autodidacte qui gagne à être connue grâce aux frissons qu’elle procure.

 

Avez-vous un dernier message à faire passer ?

Venez nous voir en concert à Groningen le lundi 17 mai ou à Bloemendaal le 16 mai pour ''Jazzy Winy'' ! Nous y jouerons pour assurer la promotion des produits du Périgord et il y aura aussi une exposition d’art contemporain. Ce dernier événement sera assuré par l'entreprise de Coralie Gigounoux Jacobs ''Le Petit Coin de France’’.

 

Renseignements et réservations auprès du Centre Culturel Français à  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  et au 050 363 61 06.

  

LAST_UPDATED2