Le Groninger museum PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Juls   
Vendredi, 05 Décembre 2008 16:45
Il étonne, il plaît ou déplaît, mais le Groninger Museum ne laisse pas indifférent. Moins célèbre que le Rijkmuseum à Amsterdam, il reste l’un des musées néerlandais les plus importants des Pays-Bas. Il a fallu la volonté de fer d’un directeur ambitieux pour permettre au musée de Groningue, vieux de plus d’un siècle, de se faire une place parmi les hauts lieux du monde de l’art depuis les années 90.

 

 

 


L’histoire commence dans les années 80 quand le directeur du musée, alors Frans Haks, mandate Alessandro Mendini, architecte et designer italien, afin de concevoir un nouveau musée, l’ancien, situé en centre-ville, étant devenu trop exigu. Le directeur souhaite la réalisation d’un musée extraordinaire, rapprochant l’art, l’architecture et le design, tout en restant accueillant et accessible au public. L’idée d’oeuvre globale éveille l’intérêt d’Alessandro Mendini, dont la démarche, à la fois décorative et critique,  vise à rompre avec le modernisme international. ‘Chacun est différent’ disait-il, ‘alors pourquoi un objet ne devrait-il pas aussi être différent?”.

 

 

 

C’est le début d’un grand projet, auquel se joindront Philippe Starck (designer français, concepteur entre autres de la boîte de nuit Les Bains Douches en 1978, et le café Costes en 1984), Michele de Lucchi (designer et architecte italien), et les architectes de l’agence autrichienne Coop Himmelbau. Ce musée à l’architecture pour le moins originale a été fortement contesté et attaqué en justice, notamment par les riverains craignant de ne plus pouvoir vendre leur maison.

 

 

Mais la construction est finalement autorisée. Elle débute en 1992 pour s’achever deux ans plus tard. Ce projet de 40 millions de florins est financé à hauteur de 25 millions de florins, soit environ 11,5 millions d’Euros, par l’entreprise Gasunie qui en fait cadeau à la ville de Groningue à l’occasion de ses 25 ans.

 


Le musée forme une île artificielle composée de trois pavillons qui reflétent les démarches artistiques de chacun des architectes impliqués. C’est la tour du pavillon central qui attire d’abord le regard. Haute de plus de 30 mètres, recouverte de plastique lamifié doré, cette tour que l’on doit à Mendini est le symbole des richesses qu’abrite le musée. La tour se trouve entre deux blocs identiques, l’un rose, l’autre vert pastel, hébergeant respectivement l’auditorium et une salle réservée aux enfants d’une part, le magasin et le café-restaurant avec vue sur le canal d’autre part. Au centre, un escalier en spirale, en mosaïque, permet d’accéder aux différentes salles du musée.

 

La section Est du musée a été réalisée par le cabinet Coop Himmelbau dans un style déconstructiviste (mouvement artistique postmoderne particulier à l’architecture et qui tire ses  bases philosophiques du mouvement littéraire de la déconstruction mené par Jacques Derrida). Cette partie donnant une impression d’absurde et de chaos, contraste fortement avec les formes simples du bloc réalisé par Mendini.

 

La section ouest est composée de deux blocs posés l’un sur l’autre. La partie basse, en briques rouges, est l’oeuvre de Michele de Lucchi. La brique rouge, qui rappelle l’architecture du Nord des Pays-Bas, a été utilisée pour indiquer que ce pavillon est consacré à l’art local: une salle présente la collection permanente liée à l’histoire culturelle de la ville de Groningue, tandis que les six autres salles abritent les expositions temporaires du collectif d’artistes groningois De Ploeg.

 

La partie supérieure de la section ouest est un pavillon circulaire, recouvert d’aluminium, réalisé par Philippe Starck en coopération avec le designer Albert Geertjes. Une fois encore, l’aspect extérieur du pavillon est en lien avec la partie intérieure réservée aux arts appliqués. C’est dans ce pavillon que se trouve la collection  de céramiques d’extrême-orient du musée, l’une des plus riches des Pays-Bas. Starck est aussi à l’origine de la décoration de la salle. La disposition presque théâtrale des objets dans un environnement épuré reste une référence dans l’art de l’exposition.

 

Enfin, un pont pour cyclistes et piétons relie l’île-musée aux deux rives. C’est aussi l’itinéraire le plus direct entre la gare et le centre-ville.  


 

En plus de sa collection permanente, le musée présente régulièrement des expositions aux thèmes variés. A noter, actuellement et jusqu’au 5 avril 2009, la collection haute-couture “Début’de Marga Weimans ayant été présentée sur les podiums de Paris au printemps 2008; et jusqu’au 1er mars 2009, l’exposition ‘Art makes yourself’ du peintre Néerlandais Armand Bouten.

 

A découvrir aussi prochainement, du 14 décembre au 3 mai 2009, la plus grande rétrospective de l’art de John Waterhouse jamais montée depuis 1978: ‘J.W. Waterhouse (1849-1917): the modern pre-raphaelites’.

 Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h, et le vendredi jusque 22h.

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